Les Elephants...

Publié le par Sylviane



Parc de la Tête d'Or - Lyon - Octobre 2008
 Clic sur la photo pour la voir en grand format





Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
Sa tête est comme un roc, et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.



Charles Marie Lecomte de l'Isle

Publié dans Un Autre Regard...

Commenter cet article

Christine... 27/11/2008 02:56

Pour avoir vu des éléphants dans leur milieu naturel ... et parce que j'ai une grande admiration pour ce pachiderne, je trouve triste de le voir dans des espaces aussi miniscules !! Ta photo est pourtant parfaite mais il a l'air si triste !!Ce n'est pas après toi que je râle ... tu as un coeur en or ... je suis juste incapable de ne pas dire ce que je pense à cet instant précis.Je t'envoie mes baisers les plus affectueux Syl ... et couvre-toi bien !!

nadia-vraie 24/11/2008 23:06

C,est vraiment bon cette description.
Bye Sylviane et À bientôt.

Alrisha 23/11/2008 12:06

L'éléphant, un animal tout en force mais en même temps si doux. Je le trouve si fascinant. Bises du jour Sylviane

Muad' Dib 23/11/2008 06:15

Il est superbe !

Yannick 21/11/2008 21:53

une éléphant ça trompe énormément :-) Je te souhaite un bon We, Biz Yann PS:  C'est fait j'ai mis en ligne mon nouveau site.