
Moi, je vis hors du monde, la tête dans les nuages
Juste sous les étoiles et le bleu firmament
Créant en mes nuages, titrés de noms latins
Des poèmes de rêve, sans crainte de cocuage
Mon être s’y sent si bien qu’il s’y rend constamment
Du matin au grand soir et du soir au matin
Sur mes petits nuages chutent mille pensées
Des pensées très simples, parfois spectaculaires
Venues de l’infini, du monde interstellaire
Perdues en l’univers, oubliées par nos Dieux
Dans un but évident, plein d’arrière-pensées
En nombre, elles fleurissent, bien plus qu’en d’autres lieux
Juché sur mes nuages, je parcours le monde
En quête de l’Eden, ce jardin idyllique
Certes, il en est de beaux; las, il en est de tristes
Du haut de mes nuages aux esprits chimériques
Le monde des humains m’afflige et m’attriste
Ma tête et les nuages continueront leur ronde
Pierre Fernand Grasset-Mauviel
Ô bâtisseur de cathédrales,
D'il y a tellement d'années
Tu créais avec des étoiles
Des vitraux hallucinés.
Flammes vives
Tes ogives
S'envolaient au ciel léger
Et j'écoute
Sous tes voûtes
L'écho de pas inchangé.
Mais toujours à tes côtés,
Un gars à la tête un peu folle
N'arrêtait pas de chanter
En jouant sur sa mandole.
Sans le chant des troubadours
N'aurions point de cathédrales,
Dans leurs cryptes, sur leurs dalles
Où l'entend sonner toujours.
Combien de fous, combien de sages
Ont donné leur sang, leur cœur
Pour élever par devers les nuages
Une maison de splendeur
Dans la pierre
Leurs prières
Comme autant de mains levées
Ont fait chapelle
Plus belle
Que l'on ait jamais rêvée
Le jongleur à deux genoux
A bercé de sa complainte
Les gisants à l'air très doux
Une épée dans leurs mains jointes.
Toi qui jonglais avec les étoiles
Ô bâtisseur de beauté
Ô bâtisseur de cathédrales
Oh puisions-nous t'imiter !
Mille roses
Sont écloses
Au cœur des plus beaux vitraux
Mille encore
Vont éclore
Si nous ne tardons pas trop
Et si nous avions perdu
Nos jongleurs et nos poètes
D'autres nous seraient rendus
Rien qu'en élevant la tête
Anne Sylvestre













