
Tant pis pour vous si la place du Tertre a préféré Montmartre,
Si le Lapin Agile inspira Utrillo bien mieux que L'Opéra,
On vous laisse vos Tour Eiffel et Montparnasse,
On vous laisse nos marches pour grimper jusque-là.
Tant pis pour vous si la nuit, quelquefois, au clair d'un réverbère,
On croise Boris Vian venu nous dire un petit bonjour en passant,
On échangerait bien, si ça pouvait se faire,
Un bout du Sacré-Coeur contre Ménilmontant.
Tiens, tiens, un Parisien se promène,
Avec l'accent de la Seine,
Que vient-il faire dans nos murs?
Tiens, tiens, c'est pourtant jour de semaine,
Moi je sais ce qui l'amène:
C'est tout simplement l'air pur.
Tant pis pour vous si les gamins chez vous ne courent plus dans les rues
Si, malgré les années, la dame du café vous reste une inconnue,
Si vos fleurs aux balcons ou plutôt aux fenêtres
Ne tiennent plus le coup que deux, trois jours peut-être.
Tant pis pour vous si, au milieu des peintres et des joueurs de cartes
Les amoureux du monde se sont donné le mot pour s'embrasser ici,
Et si l'on dit partout que Paris c'est Montmartre,
Nous on dit que Montmartre n'est pas vraiment Paris.
Tiens, tiens, un Parisien se promène,
Avec l'accent de la Seine,
Que vient-il faire dans nos murs?
Tiens, tiens, c'est pourtant jour de semaine,
Moi je sais ce qui l'amène:
C'est tout simplement l'air pur.

Tant pis pour vous si la place du Tertre a préféré Montmartre,
Si le Lapin Agile inspira Utrillo bien mieux que l'Opéra,
On vous laisse vos Tour Eiffel et Montparnasse,
On vous laisse nos marches pour grimper jusque-là.
Tant pis pour vous si la nuit, quelquefois, au clair d'un réverbère,
On croise Boris Vian venu nous dire un petit bonjour en passant,
Mais tout bien réfléchi, affaire ou pas affaire,
Gardons le Sacré-Coeur et vous Ménilmontant.
Georges Chelon

C'est l'incertitude qui nous charme...
Tout devient merveilleux dans la brume.
Oscar Wilde

Ce matin
Au détour du chemin
Je rencontrai le Printemps.
Vêtu comme un marquis, il avait mis
Des fleurs à son chapeau
Des fleurs à son manteau
Et même sur son dos.
Les unes blanches semées de rouge
D'autres mauves
Et d'autres rouges et d'autres bleues.
Quelle joie c'était pour mes yeux !
Et je lui dis : « Tu es merveilleux »
Et il me regardait
Et il riait, et il riait !
Et ses yeux étaient comme deux fleurs de lumière
Parmi toutes ces fleurs printanières.
Et il s'en fut sur le chemin
En chantant quelque chansonnette.
En sautant un peu sur un pied
Et puis un peu sur l'autre pied,
Comme font les enfants joyeux
Quand ils s'entraînent à quelque jeu.
Et je le vis disparaître au loin,
Avec des fleurs sur son manteau
Avec ses fleurs sur son chapeau.
Et il a ainsi parcouru le monde
Pimpant, joyeux et tout fleuri
Et le monde entier lui a souri.
Henriette Ammeux















